Varices : la protéine responsable enfin identifiée

Même si les varices sont l’un des problèmes vasculaires que l’on rencontre le plus fréquemment dans la population, les mécanismes moléculaires responsables de ce dysfonctionnement des veines demeurent mal compris.

Une étude récente permet de penser que la formation des varices dépendrait de l’activité d’une seule protéine, ouvrant la porte au développement de médicaments pouvant bloquer ou ralentir la progression de cette pathologie.

Valves défectueuses

Très simplement, on peut définir les varices comme des veines endommagées dans lesquelles le sang circule mal. Dans la très grande majorité des cas, ces varices touchent les veines saphènes (les veines superficielles qui parcourent la jambe), leur donnant un aspect qui varie de bleuâtre à verdâtre et une forme dilatée et tordue qui rappelle d’une certaine façon celle d’un tire-bouchon. Il s’agit d’un trouble très fréquent : on estime qu’environ le tiers de la population développe des varices au cours de sa vie, les femmes étant de deux à trois fois plus affec­tées que les hommes.

La fonction des veines est de transporter le sang pauvre en oxygène et chargé en dioxyde de carbone afin qu’il soit réoxygéné par les poumons et réacheminé dans la circulation via le cœur et les artères. Pour que ce transport soit efficace, les veines contiennent des petites valves qui agissent comme des clapets, permettant un transport unidirectionnel du sang en l’empêchant de refluer vers l’arrière. Lorsque ces valves sont défectueuses et ne se ferment pas hermétiquement, le sang stagne et exerce une pression mécanique sur les parois élastiques des veines, menant, avec le temps, à une dilation des veines et à l’apparition de vari­ces. Cependant, même si la contribution de cette séquence d’événements à la formation de varices est bien connue, les mécanismes moléculaires en cause demeurent mal compris.

Le coupable : la protéine AP-1

Une étude récente indique que le développement de varices en réponse à la pression exercée par le sang sur la paroi des veines serait causé par des modifications majeures dans l’expression de certaines protéines (1). En utilisant un modèle animal dans lequel la formation de varices est induite par le resserrement des veines à l’aide de fil chirurgical, des chercheurs allemands ont observé que l’accumulation de sang provoquait une hausse spectaculaire de la MMP-2, une enzyme qui dégrade le tissu conjonctif à proximité des vaisseaux. Cette augmentation est due à l’activation du facteur de transcription AP-1, une protéine qui se lie à l’ADN et contrôle la production de plusieurs enzymes (dont MMP-2) : en effet, les chercheurs ont observé que des composés qui inhibent AP-1 empêchent la production de MMP-2 ainsi que la formation de varices. Puisque ces modifications dans les taux d’AP-1 et de MMP-2 sont également observées sur des varices prélevées chirurgicalement, il semble qu’un mécanisme similaire soit à l’œuvre chez les humains.

Ces observations soulèvent donc l’intéressante possibilité que des médicaments ciblant spécifiquement la fonction de la protéine AP-1 au niveau des veines puissent bloquer la formation ou encore la progression de varices. Il s’agit d’une décou­verte importante, car, pour beaucoup de gens, les varices représentent un problème d’inconfort ainsi qu’un problème esthétique, une conséquence fâcheuse du vieillissement. Ce désordre peut également provoquer de fortes douleurs chez d’autres et grandement affecter leur santé et leur qualité de vie.

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