Des oméga-3 contre la leucémie

Les acides gras oméga-3 à longues chaînes présents dans les poissons gras sont reconnus pour jouer un rôle important dans la prévention des maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Une étude récente suggère que le métabolisme de certains de ces gras pourrait générer des molécules possédant une forte activité antileucémique.

Des gras uniques

Les acides eicosapentanoique (EPA) et docosahexanoique (DHA) sont des gras de la famille des oméga-3 retrouvés principalement dans les poissons gras comme le saumon, le maquereau et les sardines. La consommation régulière de ces oméga-3 à longues chaînes est associée à de multiples bénéfices pour la santé, notamment une réduction des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension, du diabète ainsi que de certains types de cancer (sein, côlon).

Malheureusement, la plupart des gens ont encore tendance à considérer tout ce qui est gras comme suspect et l’apport alimentaire en gras oméga-3 bénéfiques demeure largement insuffisant. Il n’y a aucun doute que cette carence en oméga-3 contribue significativement à la forte incidence de plusieurs de ces maladies chroniques dans la population canadienne.

Un métabolite anticancéreux

Les multiples activités anti-inflammatoire et anticancéreuse des oméga-3 EPA et DHA ne se limitent cependant pas à ces molécules ; comme toutes les substances d’origine alimentaire, les oméga-3 subissent de multiples transformations à la suite de leur absorption dans la circulation sanguine et il est possible que ces dérivés métaboliques (qu’on appelle métabolites) puissent eux aussi exercer une activité biologique.

Pour déterminer le potentiel de ces métabolites, une équipe de chercheurs américains de Pennsylvanie a récemment examiné l’effet anticancéreux du Δ12-PGJ3, une molécule produite par la transformation métabolique de l’oméga-3 EPA (1). En utilisant des modèles animaux qui miment le développement des leucémies chez les humains, ils ont observé que la production de cette molécule par certains globules blancs (les macrophages) provoquait la mort des cellules souches cancéreuses responsables de cette maladie, et ce, à des concentrations très faibles.

Cet effet est important, car ces cellules souches leucémiques sont très résistantes aux médicaments de chimiothérapie et sont reconnues comme étant les grandes responsables des récidives associées à ces cancers.

D’ailleurs, les résultats obtenus sur les modèles animaux sont vraiment spectaculaires : l’injection quotidienne de Δ12-PGJ3 a permis de complètement éradiquer la maladie, et ce, sans qu’aucune rechute soit constatée !

Même si d’autres études sont requises pour mieux comprendre leur activité anticancéreuse chez les humains, la capacité de certains métabolites d’acides gras oméga-3 de tuer sélectivement les cellules souches qui causent la leucémie pourrait avoir des répercussions extraordinaires sur le traitement de cette maladie.

Faire le plein d’oméga-3

Il n’est cependant pas nécessaire d’attendre la confirmation de cet effet anticancéreux pour profiter dès maintenant des bienfaits associés aux oméga-3.

Puisque ces gras sont retrouvés dans un nombre relativement restreint d’aliments, il est important d’inclure dans le menu hebdomadaire un à deux repas de poissons gras comme les sardines, le maquereau ou le saumon pour augmenter notre apport.

Le manque de temps n’est même pas une excuse : une simple boîte de sardines contient de grandes quantités d’oméga-3 et représente une façon simple, rapide et très économique de profiter des bienfaits de ces gras.

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